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Expériences

Ingénieur : plus qu’un métier, un art

Par Rolf Dobelli

Texte — Rolf Dobelli Date — 18 février 2013

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Le moteur toussota avant de s’arrêter net. Penché sur sa création de métal, Benz s’essuya le front avec le revers de la main. Il donna un tour de vis ici, resserra un boulon là, fit le plein de carburant et s’assura que les deux cylindres étaient bien graissés. Pour la centième fois, il actionna la manivelle de démarrage. Le moteur cafouilla un peu puis s’anima, et son bruit si caractéristique résonna plus longtemps qu’il ne l’avait jamais fait auparavant, sans s’arrêter prématurément… Oui, il tournait véritablement ! Karl Benz le fit breveter en 1879. Quelques années plus tard, il modifia son moteur à deux temps pour en faire un moteur à quatre temps et il en équipa en 1886 la première automobile jamais mise en vente au monde. Benz le chercheur, l’empiriste, le faiseur, venait d’accomplir un exploit qui allait faire date.

Il n’existait alors aucun corpus théorique dont il aurait pu s’inspirer. Il ne pouvait consulter aucun expert parce qu’il n’en existait pas ; il n’existait pas de faculté d’ingénierie automobile, pas même un livre sur le sujet. Il ne comptait pas les milliers et milliers d’heures passées à travailler sur ses inventions. Il les améliorait au fur et à mesure et les peaufinait jusqu’à atteindre un degré d’excellence jusqu’alors inimaginable. Il faudrait attendre plusieurs décennies pour constater l’émergence d’une discipline universitaire consacrée à la conception de moteurs.

Après quatre ans de mise au point de leur invention, les frères Wright réussirent le 17 décembre 1903 le premier vol motorisé de l’histoire. C’était la réalisation d’un rêve, pour eux et pour le genre humain dans son ensemble. Ils ne s’étaient appuyés sur aucune littérature scientifique puisque, là aussi, leur sujet d’étude était résolument en-dehors des sentiers battus. Il faudrait encore trois décennies pour voir se constituer les premiers fondements théoriques de l’ingénierie aéronautique.

À l’âge de vingt-trois ans, Hans von Ohain construisit à ses propres frais un moteur à réaction. L’assistance dont il avait besoin lui était fournie par les mécaniciens du garage où il apportait habituellement sa voiture à réparer. Après des années d’expérimentation dans son atelier, il fit breveter son invention en 1937. Le premier vol d’un avion à réaction eut lieu dès 1939, là aussi pour la première fois au monde.

Qui a inventé le métier à tisser automatique, la machine à vapeur, l’ampoule électrique, la montre-bracelet ? Il ne s’agissait pas de théoriciens ni de laboratoires de recherche officiels. Tous ces inventeurs étaient des génies du bricolage, des autodidactes. Leurs idées, leurs produits et leurs compétences se sont bâtis au travers d’un processus essentiellement empirique et non en lisant et en réfléchissant au sujet. Ce n’est pas en lisant des livres sur la natation qu’on apprend à nager. Ce n’est pas grâce aux économistes si nous avons une économie. Ce ne sont pas les professorats en science politique qui font fonctionner la démocratie. En bref, les universités ne font pas les sociétés prospères ; ce sont plutôt les sociétés prospères qui créent des universités parce qu’elles peuvent se permettre de le faire. De ce point de vue-là, les universités ressemblent à des théâtres.

Ce qui nous amène au vif du sujet : qu’est-ce qui fait l’étoffe d’un ingénieur. L’ingénieur prend le relais quand la théorie s’essouffle. En repoussant les limites du monde connu, il progresse à tâtons, pas à pas, vers l’inconnu. Il n’a pas en sa possession de cartes qui pourraient l’aider à s’orienter, ce n’est pas non plus un cartographe. Aucun bateau pilote ne l’attend pour entrer au port, car le pilote, c’est lui. Il n’a pas de barreur pour guider son embarcation entre récifs et hauts-fonds. Sa méthode relève du tâtonnement empirique. Il faut passer par beaucoup d’échecs successifs avant d’arriver à faire fonctionner quoi que ce soit.

Les ingénieurs utilisent avant tout leur sens pratique. Ce sont des faiseurs, ils mettent des idées à l’épreuve des faits, ils prennent souvent des risques. Ils travaillent sur la matière du monde réel, pas sur papier. Il est grand temps de remettre ces créateurs et autres expérimentateurs de génie à l’honneur, car nous les avons négligés pendant trop longtemps. Nos personnages publics sont des entrepreneurs, des stars du cinéma, des sportifs, des gouverneurs de banques centrales, des gestionnaires de fonds de placement, des PDG. Mais qui a été le dernier ingénieur célèbre ? Les ingénieurs jouent-ils encore vraiment un rôle dans notre société ? La réponse est saisissante : regardez autour de vous. Parmi tous les objets qui vous entourent là où vous vous trouvez, combien ont été mis au point en suivant des connaissances livresques ? Et combien l’ont été par tâtonnement empirique ? Combien des objets qui vous entourent sont le fruit d’une grande planification stratégique et combien sont nées de la passion d’un seul homme ? Quel est le fruit du travail de ces soi-disant managers et quel est celui de tous ces hommes de l’ombre ? À l’évidence, dans la pièce où vous vous trouvez, tout ce que vous voyez est l’aboutissement d’un grand nombre de milliers d’heures de travail d’ingénierie : cela va de la conception de votre stylo à bille jusqu’au design de votre tablette numérique en passant par la fabrication de l’ampoule électrique qui vous éclaire. Les programmes qui sont installés sur votre ordinateur, les applications de votre iPhone : tout cela relève d’un travail de création.

Qu’avons-nous donc fait de notre légitime admiration pour toutes ces prouesses ? Où est l’estime que nous devrions ressentir pour ces « stars du concret » ? Peut-être ce manque de considération dérive-t-il de l’anonymat des ingénieurs. Thomas Edison l’avait annoncé il y a un siècle : « Il n’y a pas d’organisation. L’organisation, c’est moi. » Léonard de Vinci ne le concevait pas autrement : le génie, c’est moi ! Il n’est plus possible aujourd’hui de prononcer ces mots-là. Le travail de l’ingénieur est devenu un travail d’équipe ; en tant qu’individus, les ingénieurs ont disparu de nos écrans radar.

L’ingénieur prend le relais quand la théorie s’essouffle

Tourbillon

Regardez de quoi est constituée une voiture de Formule 1. Il y a un moteur, un cockpit, un nez, des essieux, des pneus, un volant, un levier de vitesses, un système de freinage et bien d’autres choses encore. Dans une voiture ordinaire, du genre de celles que nous conduisons tous les jours, les composants individuels sont assemblés un peu comme un meccano. Un ingénieur peut modifier le châssis sans que cela n’affecte la capacité du moteur. Il peut modifier les pneus sans que cela n’affecte l’allumage. Dans le cas d’une voiture de course, c’est très différent. Une voiture de Formule 1 n’est pas un assemblage en kit mais constitue un tout organique. Si vous êtes l’ingénieur qui a travaillé à la création de ce bolide et que vous décidez d’opter pour un type de peinture différent, il vous faudra alors ajuster l’accélération au démarrage et modifier la chape des pneus. Si vous augmentez la vitesse de rotation du moteur, vous devrez alors modifier le circuit d’injection. Mais touchez à l’injection et vous devrez repenser tout l’embrayage. Jouer sur l’embrayage entraînera le besoin de changer le point de patinage idéal – le ratio entre la vitesse de rotation de la roue motrice et la vitesse de déplacement du véhicule. Tout se tient d’un bloc. Tout est en interaction constante. Ou, pour emprunter une citation à la biologie, « on ne peut jamais modifier juste un seul facteur ».

La maîtrise de la pensée systémique est ce qui distingue l’ingénieur moderne du geek. Le geek est obsédé par un sujet en particulier. Il peut très bien tout connaître sur l’optimisation des culasses, mais c’est là toute l’étendue de son savoir. Tout ce qui va au-delà de l’optimisation des culasses n’a pas d’intérêt pour lui. L’ingénieur, au contraire, aura beau être le meilleur au monde dans sa discipline, il retiendra toujours une vision de l’ensemble du processus. Il sait que son travail doit s’assembler avec celui d’autres ingénieurs issus de disciplines différentes. C’est la seule façon de véritablement toucher à la perfection.

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