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Expériences

LE PAYS DES DRAGONS

LES ÎLES GALÁPAGOS

Texte — Dirk C. Rheker Photos — Michael Muller Date — 6 février 2014

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Iguana

Depuis plus de cinquante ans, la Fondation Charles Darwin étudie la faune et la flore des célèbres îles Galápagos et conseille le gouvernement équatorien dans ses efforts de préservation de ce paradis naturel unique. Récit d’une visite aux gardiens de l'évolution.

Le dragon primitif aux reflets rouges chatoyants donne de violents coups de pattes en agitant son corps de près d’un mètre de long. Carolina García Parra et son assistant agrippent l’imposant saurien par la queue pour le plaquer au sol. Ils attrapent ensuite vivement l’animal par le cou, à l’endroit où commence le peigne de pointes raides alignées sur son dos qui lui donne l’air d’un dinosaure tout droit sorti de Jurassic Park. À l’aide d’une seringue, García Parra prélève habilement quelques gouttes de sang avant de relâcher la créature. L’iguane détale en vitesse et file se cacher derrière les rochers de lave noire les plus proches. «Au cours des sept derniers jours, nous avons retrouvé plusieurs grands iguanes marins morts ici, sur l'île de Santa Cruz,» nous explique la vétérinaire de la Fondation Charles Darwin pour justifier sa mission. «Avec l’appui des gardiens du Parc national des Galápagos, nous essayons d’en comprendre les causes exactes.»

Près de 30 cadavres d’iguanes marins seront finalement retrouvés à Las Palmas sur Santa Cruz. La mystérieuse maladie s’est ensuite propagée vers Tortuga Bay et a même touché la colonie aux abords de la Fondation. Des dizaines de bêtes furent également touchées sur Floreana. En tout, près de 150 iguanes marins sont morts. Pour découvrir l’origine de cette épidémie, García Parra va envoyer des échantillons de sang de mâles sains ainsi que des prélèvements de tissus de spécimens morts à un laboratoire spécialisé de l’Université de Floride situé à Gainesville. «Bizarrement, tous les individus morts semblent avoir été relativement bien nourris. Leur estomac était encore plein d’algues rouges et vertes», avoue García Parra avec une pointe d’inquiétude. Comme les échantillons d’eau n’ont rien révélé, la théorie de l’empoisonnement a été écartée. «Heureusement, nous n’avons pas encore trouvé d’animal mort sur les îles de San Cristóbal et de Plazas Sur», ajoute García Parra avec un soupir de soulagement.

LES GALÁPAGOS INCARNENT LA PROMESSE D'UN ÉTAT NATUREL QUASI MYTHIQUE.

—Carolina García Parra, vétérinaire

Drame dans le jardin d'Éden? Des enquêtes comme celle-ci font partie de la routine quotidienne de la jeune vétérinaire de Barcelone qui travaille sur les îles Galápagos depuis maintenant deux ans et demi. Aux côtés des célèbres biologistes, océanographes, ornithologues et botanistes de la Fondation Charles Darwin, Carolina García Parra met ses compétences scientifiques au service de la protection de l’archipel. Fondée en 1959 sous les auspices de l’UNESCO, la fondation explore et étudie ce fragile environnement de manière exhaustive. Elle est également le principal conseiller de l'Équateur dans le cadre de la préservation de ce superbe patrimoine naturel mondial, véritable paradis isolé.

Dès que nous avons posé le pied sur ces îles, nous avons été subjugués par leur paysage unique et mystérieux: les côtes déchiquetées des champs de lave noire et les collines nues et arides, où les cactus hérissés d'épines et les arbres de santal pullulent presque miraculeusement. Dans les hauteurs verdoyantes du cœur des îles, le climat reste humide et frais et une légère brume semble éternellement habiter les sommets. Cet archipel volcanique s’est élevé des profondeurs de l’océan Pacifique il y a environ cinq millions d’années. Il n’a donc jamais été relié au continent sud-américain. La faune unique des Galápagos, originaire du continent, a traversé près de 1000 km de haute mer, la plupart du temps de manière involontaire. Arrivées épuisées par leur traversée dans les airs ou dans le froid du courant océanique, les créatures se sont heurtées à la pauvreté des champs de roche volcanique arides. Celles qui ont survécu sont devenues des spécialistes de l’adaptation à l’environnement particulier de l’archipel, à la fois incroyablement beau et extrêmement hostile à toute forme de vie.

L'écosystème complexe de plantes et d’animaux qui se trouve devant nous est unique au monde. «Les trois quarts des espèces animales des îles Galápagos sont endémiques», explique l’allemand Swen Lorenz, directeur de la Fondation Charles Darwin. «Les tortues géantes des Galápagos, les pinsons de Darwin et les iguanes marins ne se trouvent nulle part ailleurs dans le monde». Mais ce paradis est en danger: à cause du développement humain, de l’importation d’espèces étrangères, de la surpêche et du changement climatique. Les Galápagos auraient depuis longtemps perdu leur particularité si la Fondation Charles Darwin n’avait pas lutté pour préserver leur écosystème si rare. Aujourd’hui, plus de 100 scientifiques, étudiants et bénévoles travaillent en permanence sur une campagne de sensibilisation, soutenue par la recherche scientifique, qui associe les intérêts écologiques et économiques des îles et, dans le meilleur des cas, parvient même à les réconcilier.

Galapagos Island Map
—Les îles Galápagos sont constituées de 18 îles principales, trois îles plus petites et de 107 récifs et îlots.

Il y quelques années seulement, le monde animal et végétal unique des Galápagos était gravement menacé par une augmentation constante du tourisme et par les problèmes liés à l’accumulation des déchets et des eaux usées, les accidents pétroliers, les bactéries et espèces invasives importées. Le gouvernement équatorien, pressé par la Fondation Charles Darwin, lança enfin une campagne pour sauver l’archipel. Les occupants illégaux furent, par exemple, renvoyés sur le continent. L’accès touristique devint strictement régulé et un système fut mis en place pour aider la population locale à devenir autosuffisante. Ceci permit une réduction drastique des produits importés et, ainsi, une diminution des dangers liés à l’implantation de maladies ou d’animaux étrangers. De plus, l’approvisionnement en énergie renouvelable fournie par le soleil et le vent a été largement encouragé. Grâce à l’ensemble de ces mesures, les îles Galápagos ont été retirées de la “liste rouge” de l’UNESCO, à laquelle elles avaient été tristement ajoutées en 2007. «Contrairement à ce qu’on a pu prédire, l’histoire de l’archipel est en réalité celle d’une réussite», affirme Swen Lorenz.

IWC Schaffhausen a rejoint les rangs de soutiens et de gardiens de ce bijou écologique en 2009, année où le monde scientifique a célébré le 200ème anniversaire de Charles Darwin. «Sans le soutien massif des entreprises, notre travail ne serait pas possible», ajoute Swen Lorenz. Néanmoins, les contraintes inévitables posées par la disponibilité limitée des fonds forcent souvent les scientifiques à étudier des approches plus créatives. Aujourd’hui, Lorenz et son équipe se servent d’Internet et des technologies modernes de communication pour attirer l’attention du monde sur les dangers qui menacent actuellement cette arche du Pacifique sud.

CONTRAIREMENT À CE QU'ON A PU PRÉDIRE, L'HISTOIRE DE L'ARCHIPEL EST EN RÉALITÉ CELLE D'UNE RÉUSSITE.

—Swen Lorenz, directeur de la Fondation Charles Darwin

Travailler à la station de recherche est très certainement un rêve pour une vétérinaire comme Carolina García Parra. «Pour tous les biologistes, les Galápagos incarnent la promesse d’un état naturel quasi mythique, si rare qu’on ne le retrouve que dans une poignée d’endroits sur Terre», déclare-t-elle. Les préserver signifie bien plus que sauver un archipel rocailleux perdu au milieu de l’océan. C’est également une preuve de la nécessité d’une approche plus bienveillante de la sauvegarde de la nature sur toute la planète.

Nous revenons sur la plage où les célèbres iguanes marins retournent lentement à l’eau pour rapidement disparaître et aller se nourrir dans les forêts d’algues. Le soleil équatorial brûle les rochers noirs de lave volcanique. Des centaines d’autres iguanes sont allongés serrés les uns contre les autres sur les falaises pour profiter de la chaleur de ses rayons. Ils ressemblent à des dragons miniatures. Des “diablotins de l’ombre”, comme les surnomma le scientifique britannique Darwin sans tendresse après sa première visite aux Galápagos en 1835, au début du développement de sa théorie de l'évolution. Avec leur tête pleine d'écailles recouverte d’une croûte de sel et leur dos hérissé de piques de la base du cou à la pointe de la queue, ils sont tout sauf mignons. Ajoutez à cela de puissantes griffes, des yeux écarquillés, une langue rouge vif dans une bouche décorée de rangées de dents pointues et aiguisées, et vous obtenez le physique plutôt primitif d’une créature venue des jours lointains de l’aube de notre planète.

Cependant, la beauté n’est-elle pas dans l'œil de celui qui regarde? Quand Carolina García Parra observe cet «Amblyrhynchus cristatus», le nom scientifique de l’iguane, elle le voit comme partie intégrante de la diversité fascinante des îles Galápagos, qui renferment une sorte de magie qu’il est impossible d’exprimer avec des mots. «Il faut le voir par soi-même», confie la scientifique espagnole alors que nous prenons congé. «Chaque île est un diamant qui brille avec la force de son seul éclat et peut vous emprisonner pour toujours!»

Galapagos Iguana underwater
—L'iguane marin des Galápagos a la faculté, unique chez les lézards modernes, de vivre et de chasser en mer. Les mâles adultes peuvent plonger à plus de neuf mètres sous l'eau. Leur queue aplatie sur les côtés et leurs nageoires dorsales acérées les aident à se propulser. Leurs longues griffes aiguisées leur permettent de s'accrocher aux rochers pour résister aux courants violents.

«NOUS N'AVONS PAS TERMINÉ NOTRE TRAVAIL»

INTERVIEWSWEN LORENZ

M. Lorenz, les îles Galápagos peuvent-elles être sauvées? SWEN LORENZ: Je n’en doute pas! Contrairement à ce qu’on a pu prédire, l’histoire de l’archipel est en réalité celle d’une réussite. Au cours des dernières années, le gouvernement équatorien et le Parc national des Galápagos ont uni leurs efforts pour mettre en avant la richesse unique des îles. Grâce à son travail constant, la Fondation Charles Darwin a réussi à apporter sa modeste contribution à ce succès. De plus, les efforts de conservation ont permis de mettre en place des mesures très spécifiques, conçues pour redonner à l’archipel son état d’origine.

Par exemple?
Nous cherchons par exemple à éradiquer les rats non natifs qui menacent de nombreuses espèces endémiques. Notre objectif est de libérer toutes les îles des rats d’ici 2020. Nos botanistes ont également réussi à trouver des façons d’empêcher la propagation d’espèces végétales envahissantes comme les mûriers. Nous essayons aussi de combattre efficacement les «Philornis downsi», une espèce de mouche introduite par les cargos et dont les larves se développent dans les nids d’oiseaux pour se nourrir du sang des petits.

Ne devriez-vous pas accepter le fait, très darwinien, que cette évolution continue à faire naturellement partie des îles Galápagos?
Non, car le processus d'évolution naturel lui-même est gravement menacé. Jamais auparavant une espèce d’oiseau ne s'était éteinte aux Galápagos. Mais aujourd’hui, l’existence même des Philornis downsi menace plusieurs espèces d’oiseaux et, parmi elles, plusieurs espèces de pinsons de Darwin.

La lutte contre les espèces végétales et animales invasives coûte très cher. Comment parvenez-vous à financer tous vos travaux?
Le tourisme reste une source importante de revenus. Les visiteurs seront donc toujours les bienvenus sur l’archipel tant qu’ils n’y laisseront rien d’autre que les empreintes de leurs pas. Nous avons pour projet, par ailleurs, d’utiliser à notre profit le flux de touristes. Nous développons actuellement une application que tous les visiteurs pourront télécharger en arrivant et qui nous transmettra des informations sur ce qu’ils verront ou feront au cours de leur visite. Cela nous fournira une quantité incroyable de données qui nous prendraient des années à rassembler autrement!

On peut aujourd’hui se promener virtuellement sur les îles grâce à Google Street View. On peut même plonger près des côtes.
Oui, c’est grâce à l’effort conjoint de Google Maps, Catlin Seaview Survey et du Parc national des Galápagos. Les images n’ont pas été capturées par une voiture mais en randonnée par le Street View Trekker, un sac à dos équipé d’un appareil photo qui permet des prises de vue à 360°. Un vrai petit bijou! Et une façon remarquable de créer de nouveaux moyens d’attirer l’attention du public et du monde sur notre paradis fragile.

Swen Lorenz
—Passionné par la flore et la faune des Galápagos, l'allemand Swen Lorenz dirige la Fondation Charles Darwin depuis 2011.
 
Spotted Eagle Ray Galapagos
—Plonger autour des Galápagos est une expérience magnifique qui permet d'observer des raies, des poissons de récifs coralliens ou encore des requins-marteaux. Ce n'est donc pas une surprise si l'archipel a été désigné comme l'une des sept merveilles du monde sous-marin par les plongeurs amateurs comme professionnels.
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